La page de Luc Caron

Voici les deux sites où je prends la plupart de mes photos. L'observatoire situé à St-Luc sur le terrain du COAMND et le POD basé chez moi à Lévis. 

Établir une base permanente où les instruments sont à l'abri et prêts à l'emploi m'a permis d'améliorer grandement la qualité de mes images et surtout ma productivité.

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Le 7 octobre je suis retourné à St-Luc pour faire du grand champ avec ma  monture portable Star Adventurer de Sky Watcher. Les photos sont prises avec ma Canon SL3 modifiée et une lentille 70 mm f/4.

 

J'ai pris près de 400 images ce soir-là. M 45, 8, 20, 16, 17, 11 et un paquet de LDN puisque je photographiais en plein dans la Voie Lactée.

Ci-dessous, la région M 8 et M 20, la région M 11 et M 16, M 16 et M 17 puis la région d'Altair. Pour ces photos il s'agit d'une intégration de 60 poses de 20 sec à ISO 1600. J'ai fait une mosaïque de la région M8, M16 et M 11.

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Cette année je me suis équipé d'un spectro Alpy 600 de Shelyak dédié aux étoiles, on peut faire un tas de choses comme nous l'avons vu avec Pierre et Clermont dans la section spectrométrie. La différence entre l'Alpy et le système de Clermont et Pierre c'est qu'il est conçu pour les télescopes à f/5 au lieu de f/10. Donc, si je voulais l'installer sur le télescope Meade SCT de Ste-Catherine je devrais ajouter un réducteur de focale. J'ai l'intention éventuellement de l'essayer sur mon Meade 8 pouces avec un réducteur de focale mais pour cet été je travaillerai essentiellement avec mon réfracteur 73 mm 430 mm à f/6.

En fait, mon observatoire à Lévis sert pour suivre le Soleil en H-alpha et en lumière blanche alors, mon Coronado et le réfracteur 73 mm sont montés en tandem sur une plaque duo. Ainsi, faire alterner ce montage de télescopes dédiés au Soleil avec le SCT 8 pouces sur la monture c'est pas très convivial. L'observation du Soleil peut se faire rapidement seulement si tout est prêt dans l'observatoire et avec la météo du Québec, bien souvent, j'ai seulement une heure d'ouverture entre les nuages pour prendre mes photos. Enfin, pour débuter ce sera le réfracteur qui servira à recevoir l'Alpy 600.

Un petit gadget que vous pouvez voir sur l'image ci-dessous, comprenant une caméra ZWO 183 MM monochrome refroidie suivi du spectro, d'un module de guidage avec caméra guide puis de l'unité de calibration qui comprend une lampe blanche pour faire les flats et une lampe Néon-Argon pour étalonner les spectres.

 

C'est ce dernier module qui me permet de positionner les bandes du premier spectre du ciel que j'ai pris cette pm afin de me familiariser avec cet instrument et faire les ajustements d'orientation et de mise au point des différentes composantes du système. Aussi, vous avez sur le graphique ci-dessous le spectre visible en couleur surimposé au spectre du ciel qui  prédomine dans le bleu évidemment.

 

Un autre avantage de l'Alpy 600 est qu'il est accompagné d'un logiciel de traitement et d'acquisition d'images qui lui est dédié spécifiquement. Alors, le logiciel peut vous assister tout le long du processus pour acquérir les images dark, flat, biais, étalon et spectrale qui sont nécessaires à la production finale d'un spectre d'allure professionnelle. D'ailleurs, le spectre du ciel ci-dessous est produit avec l'aide de ce logiciel. C'est vraiment complet comme soutien, mais ça a représenté une bonne journée de tripatouillage logiciel et d'ajustements de l'instrument pour y arriver. La prochaine étape, faire ça dans le noir sur une étoile.

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J'ai réussi à prendre mes premiers spectres d'étoiles le soir du 4 avril. Comme pour toutes les premières fois, des problèmes techniques se sont présentés. La mise au point de l'image avec la caméra guide qui contrôle le centrage des étoiles dans la fente du spectro et qui également assure le suivi du guidage n'a pas été facile. Après, un certain temps j'ai finalement compris que c'était le tube de mon réfracteur qui n'était pas assez long, il manquait quelques mm pour obtenir le focus, j'ai donc rajouté une bague rallonge et voilà mon ennui majeur s'est évaporé.

 

L'autre hic consistait à centrer les étoiles sur la caméra guide qui est montée hors axe. Puisque le champ de cette caméra est limité par la dimension du miroir de la fente qui redirige la lumière vers la caméra guide, il faut que le pointage du télescope soit bien aligné avec le télescope guide.

Une fois réglé tous ces aléas, j'ai pointé deux étoiles majeures soit Regulus et Denebola. Le but de la soirée était d'arriver à produire des spectres complets et calibrés. Pour y arriver, il y a une série de darks, biais, flats à prendre et aussi des images de calibration à partir d'un module qui contient une lampe Argon-Néon. Bien sûr, il y a le spectre des étoiles également à prendre. J'ai été agréablement surpris de la facilité à placer et maintenir l'étoile dans la fente du spectro. Il faut dire que le système de spectrographie est monté sur un réfracteur 73 mm f/5,9 alors pour le guidage ça donne une chance. Il est nécessaire de prendre une série de photos avec des temps de pose ajustés selon la magnitude des étoiles et de la caméra utilisé (ZWO 183 monochrome). Les temps de pose variaient entre 5 et 20 sec pour les spectres. Les flats nécessites 15 sec d'exposition avec la lumière blanche du module de calibration et les images des raies de la lampe Argon-Néon de 15 à 20 sec.

Vous avez plus haut la photo du spectrographe Alpy 600 de la compagnie Shelyak.

Le lendemain ce fut le traitement des images. J'ai utilisé le logiciel Demetra de Shelyak qui a été conçu spécialement pour l'Alpy 600.  C'est simple et compliqué à la fois, mais le travail en vaut la peine car si les images sont prises correctement on obtient un spectre d'allure professionnelle. S'il y a un pépin avec les automatismes du logiciel on peut suivre pas à pas les étapes et comprendre ce qu'il faut corriger. Mais j'avoue que je me suis arraché quelques cheveux pour produire les spectres ci-dessous.

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La nuit du 23 avril j'ai pointé M 100 avec le  réfracteur Zenith star 73 mm et la caméra Zwo 178 MM. J'ai pris 30 poses de 1 min avec le filtre UHCS de Baader et 30 poses de 2 min avec un filtre H-alpha 35nm. 

 

Aussi, j'ai utilisé ma zwo 178 MC au lieu de la starshoot pour guider le télescope... J'aurais du faire ça avant car cette caméra est beaucoup plus sensible et efficace. De plus, la rapport entre le télescope et le télescope guide est bien meilleur ce qui m'a permis un suivi plus précis et sans soubresaut. La photo originale est évidemment en noir et blanc, je vous la soumets en fausse couleur. 

 

Le lendemain, j'ai pris une photo du Soleil avec le même réfracteur et le prisme de Herschel... Incroyable cet amas de taches solaires.

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La première soirée à St-Luc hier soir le 1 mai... fort agréable de se retrouver dans l'observatoire avec mes bébelles. J'ai partagé la soirée avec Jeff et Clermont.

 

Ciel magnifique, c'est rare, faut en profiter quand ça passe. Aucun nuage d'un bord à l'autre de la nuit.  J'ai testé ma nouvelle caméra mono Zwo 183 avec un kit de filtres L-RGB de la compagnie Astronomyk.. (7 mois d'attente pour la livraison). Paramètres de la caméra : gain 130 et refroidie à -10C. Pour les conditions météo : 75% d'humidité à 2 C en fin de nuit.

 

35 poses de 60 sec en R

35 poses de 60 sec en G

35 poses de 60 sec en B

 

J'ai aussi 35 poses de 60 sec en luminance mais l'intégration de la luminance crée des artéfacts. Alors d'ici que je comprenne ce qui se passe voilà l'assemblage RGB ci-dessous.

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Le soir du 6 mai à St-Luc j'ai refait M 13 en LRGB. 35 x 60 sec pour chaque filtre. Aussi,  j'ai eu le temps de faire 1 heure de pose en luminance pour l'Iris.

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Le 24 mai j'ai fait de la spectro à Lévis. D'abord, je voulais tenter une nébuleuse planétaire M 57 et aussi faire un retour sur Sheliak pour voir si je pouvais avoir des résultats différents du 11 mai dernier. 

Pour M 57 j'ai été étonné des résultats pour 5 images de 3 min prise au réfracteur 73 mm. On voit clairement les raies d'émission  de O lll, N ll, H-alpha et beta.

Concernant Sheliak je détecte un dédoublement de la bande d'émission H-alpha, une configuration différente du 11 mai comme vous pouvez voir ci-dessous. Sheliak est une étoile double et c'est changement dans la raie d'émission nous indique le déplacement de ces deux étoiles l'une autour de l'autre. Lorsque j'aurai assez de donnés, je pourrai estimé les vitesses et les masses de ces deux étoiles. Tout ça avce un réfracteur de 73 mm placé dans le centre ville pollué par la lumière de Lévis. Incroyable!

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Le 28 mai enfin le ciel a été clément pour une soirée de photos à St-Luc. La dernière sortie remontant au 8 mai.

Bien que de la brume se soit installé vers 23h au sud et à l'ouest, le nord et l'est sont restés dégagés. J'ai donc choisi de photographier les régions de Sadr et du Pélican qui semblaient à l'abri des passages nuageux. Toutefois, avec une humidité au-dessus des 90%, il fallait se méfier de la condensation sur les lentilles.

Ci-dessous au réfracteur 80 mm Stellarvue avec la caméra Canon SL3, le résultat de Sadr pour 40 poses de 120 sec à ASA 400 et 30 poses de 2min pour le Pélican.

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Aujourd'hui, les orages se succèdent. Toutefois, ce matin une éclaircie d'une quinzaine de minutes m'a permis de prendre cette photo ci-dessous.

 

Sans l'observatoire, ça n'aurait pas été possible de tout installer mon équipement avant l'averse.

Aussi, le Soleil entier en noir et blanc.

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Le soir du 20 juin nous étions trois à St-Luc, Gilles, Clermont et moi après 23 jours d'attente d'une belle nuit!

 

Pour ma part, c'était la première lumière de ma nouvelle caméra QHY 163 mono sous le ciel de St-Luc. Une pollution lumineuse moins éprouvante qu'à Lévis pour la pauvre caméra.

Ce soir là j'ai pris en L-RGB l'Iris et Caldwell 33. Pour l'Iris, j'ai un total de 40 poses de 3 min (10 poses pour chaque filtre). Pour C 33, afin d'avoir une luminosité égale j'ai dû tenir compte du lever de la Lune vers 2h et me limiter à 25 poses de 3 min ( 10 poses en L et 5 poses pour les autres filtres).

Aussi, la veille à Lévis (19 juin), J'ai photographié avec la même caméra la comète C/2017 K2 Panstarrs. Pour celle-ci, c'est 20 poses de 1 min en luminance seulement. Le fond de ciel est évidemment épouvantable à Lévis! Vous pouvez aussi regarder une animation de son déplacement sur 25 min de pose : animation comète

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La nuit du 24 juin j'étais seul à St-Luc. Une belle nuit confortable à 15 C. Je pointe de nouveau Caldwell C 4 pour augmenter mes temps de pose en L-RGB et Ha. Aussi je prend quelques poses de Caldwell C 34 toujours en L-RGB et Ha. Vous avez les résultats ci-dessous.

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La nuit du 28 juin j'étais à St-Luc pour profiter d'une belle nuit sans problème. Toujours en mode RGB Ha avec la QHY 163 mono, j'ai photographié LBN 582 ( le Foetus) et aussi un petit amas ouvert près de Sadr : NGC 6910. 

Il faut avouer qu'avec des poses en Ha et l'utilisation de l'image acquise avec le filtre B, le script de composition de l'image en bande étroite de Pixinsight me permet d'avoir des images étonnantes.

À vous de juger !

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Le 4 juillet au matin une superbe protubérance !

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j'ai enregistré le spectre de M 57 le soir du 9 juillet à Lévis. Je me suis demandé s'il y avait des différences si je plaçais la fente du spectro sur la région en bordure de l'anneau (qui nous apparaît plus rouge) ou sur la région centrale de la nébuleuse. Voir les spectres ci-dessous (M 57 centre et M 57 bord).

 

En fait, l'Anneau de la Lyre est une sphère de gaz qui est en expansion, la bordure de l'anneau nous apparaît plus rouge et intense car on regarde dans le sens de l'épaisseur de la bulle en expansion. Lorsqu'on regarde directement au centre de la nébuleuse, le rouge est beaucoup moins intense car cette couche de gaz en expansion est en réalité très ténue. 

 

Concernant le spectre, lorsque la fente du spectro traverse la nébuleuse au centre on remarque la présence de la raie He ll (4685). L'apparition de la raie He ll est une indication que la température de l'étoile qui excite les gaz est au minimum de 50 000 K. On sait qu'au centre de l'anneau la naine blanche qui s'y cache a une température de 150 000 K.

 

J'ai appliqué la formule pour l'évaluation de cette température : log (intensité raie O lll 4959 + intensité raie O lll 5006) / intensité raie He ll 4686) ce qui me donne un rapport de 1,14, la valeur théorique étant de 1,4. En tout cas, mes résultats évaluent la température de l'étoile centrale à plus de 150 000 K. Bon, c'est peut-être un coup du hasard mais la présence de la raie He ll ne ment pas sur la température minimale de 50 000 K pour la faire apparaitre.

 

La couleur bleue au centre de la nébuleuse provient principalement de l'émission des deux raies O lll (4959 et 5006). La couleur rouge provient de l'émission des bandes Ha et des bandes  N ll (6548-6583). On remarque que cette couleur rouge est surtout le résultat des bandes N ll qui surclassent en intensité la bande Ha.

 

Maintenant, si on étudie le spectre produit lorsque la fente du spectro est placée au bord de l'anneau (région plus rouge) on voit clairement que ce sont les composantes N ll qui sont responsables de la couleur rouge, on détecte même légèrement les raies S ll d'émission à 6717-6731. Aussi, la bande He ll est beaucoup plus faible. Évidemment, la fente du spectro ne passe pas par le centre de la nébuleuse où se situe la naine blanche.

 

Autre fait intéressant, on peut évaluer la quantité de poussière entre nous et une nébuleuse en calculant le rapport des intensités des raies Ha et Hb : Ha / Hb. Le rapport normal attendu est de 2,85. Dans le cas de M 57 je mesure un rapport d'environ 0,8 indiquant que de l'énergie a été perdue pour traverser bien des poussières interstellaires. On réfère ici aussi à l'extinction interstellaire ou au rougissement.

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Taches solaires du 10 juillet en lumière blanche. Aussi, en H-alpha les points d'intérêt de la journée.

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P du Cygne est une étoile bleu lumineuse variable (LBV) supergéante probablement l'étape juste avant la classe des Wolf-Rayet. Classe spectrale B1 2la-0 pe. 19 000 K.

 

On enregistre ici l'émission des raies de Balmer en raison d'une bulle de gaz en expansion autour de l'étoile (voir le calendrier spectro de Pierre et Clermont). Le spectre ressemble un peu à une nova ou supernova.

 

Je détecte le profil P causé par l'effet Doppler des gaz en expansion qui se dirige vers nous ou qui s'éloigne de nous pour la bande He 6678. J'obtiens une différence de 3 A et en appliquant la formule adéquate, j'évalue une vitesse d'expansion de 134 Km/s pour ces gaz.

 

Je ne vois pas le profil P pour la bande H alpha... je suis à 600 l/mm peut-être pas suffisant pour la résoudre.

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L'étoile Wolf-Rayet 136 est dans une classe spectrale à part. C'est la phase finale d'une supergéante de type O. Absence de raies d'hydrogène. Émission de raies He, N et C. Assez spécial comme spectre.

Cette étoile est celle qui est à l'origine de la nébuleuse du croissant NGC 6888 et qui l'ionise. Elle repousse son enveloppe d'hydrogène depuis 30 000 ans formant ainsi la nébuleuse.  WR 136 est une étoile de mag 7,5 située au centre de la nébuleuse NGC 6888.

Les raies sont très larges dû à l'effet Doppler du vent stellaire. D'après mon spectre, la vitesse du vent stellaire est de 1850 Km/s.

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Il y a quelque temps Clermont m'avait dit que le spectre de Mizar était intéressant à suivre. J'avais pris deux spectres de cette étoile les 10 et 20 juillet mais complètement oublié ce qu'il y avait d'intéressant à rechercher sur ce spectre. Faut dire que je suis en mode acquisition, l'analyse je garde ça pour les mois d'hiver!

 

Hier, en discutant avec Clermont, il m'a remis sur la piste de Mizar car c'est une binaire spectroscopique.  Donc, on devrait pouvoir détecter des changements de la raie d'absorption de Ha si effectivement, Mizar est composée de deux étoiles tournant l'une autour de l'autre. 

 

Et ce matin, j'ai comparé mes spectres de Mizar et bingo! L'effet Doppler-Fizeau est bien là sur la raie Ha.

 

Avec les écarts de la raie d'absorption, je peux évaluer les vitesses relatives de chacune des composantes de Mizar. Au moment de la prise du spectre du 10 juillet j'obtiens deux vitesses égales de -137 Km/s et + 137 Km/s. 

 

Les vitesses maximales de ces deux étoiles étant autour de 120 Km/s.

 

Pas pire comme résultat, lorsqu'on songe que j'enregistre un spectre de Mizar en 3sec d'exposition et ce, avec un petit réfracteur de 73 mm en pleine ville de Lévis où la pollution lumineuse est exécrable.

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Le soir du 26 juillet,  j'ai fait de la spectro et j'ai pointé quelques étoiles de type Be dans le Cygne.

 

La définition d'une étoile Be est une étoile de classe B non-supergéante qui a au moins une fois présenté une raie d'émission pour une des raies de la série Balmer (hydrogène).

 

Les étoiles que j'ai pointées sont reconnues comme Be :

 

25 du Cygne

60 du Cygne

11 du Cygne

V2136 du Cygne

 

Deux des étoiles visées hier montrent une raie d'émission pour l'Ha à 6563 A. Les autres n'avaient pas de bande d'émission le soir du 26 juillet.

 

Pour 60 du Cygne, c'est une binaire et je détecte deux pics qui sont respectivement à 6560 A et 6565 A ce qui correspond à des vitesses relatives (selon l'effet Doppler-Fizeau) de 137 Km/s et - 91 Km/s.

 

Pour 11 du Cygne j'enregistre un profil de type P pour la même raie d'émission. La raie d'absorption est placée à 6563 A et le pic d'émission à 6565 A. Donc une vitesse de -91 Km/s pour la source d'émission.

 

Vous avez ci-dessous les spectres complets et les régions concernant les bandes d'émission de Ha agrandies.

 

Je vais suivre ces étoiles pour les changements possibles... si la météo le permet!

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Enfin une belle soirée à St-Luc hier soir le 5 août. Nous étions 4 Jeff et son fils Edouard, Clermont et moi. C'est Clermont qui m'a décidé à changer d'idée pour prendre une chance contre les prévisions de brume d'ennuagement Canada. 

 

Finalement l'humidité n'a jamais excédé les 75 % et à 15 C il n'y a pas eu de condensation. Le matin, le gazon était sec.

 

Une belle nuit quelque peu éclairée en début de soirée par un quartier de Lune mais ciel bien contrasté à mesure que la Lune descendait à l'ouest. Quelques filets de brume vers 3 heures du matin mais rien de majeur.

 

J'ai fait 4 heures de pose sur Pac-Man mon seul objet de la soirée en RGB et Ha. Il était temps de passer une soirée dans l'observatoire à St-Luc avant que j'oublie comment fonctionne tous ces bidules!

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j'ai cumulé plusieurs spectres de Sheliak du 10 mai au 2 août. La période orbitale des deux étoiles de cette binaire est de 13 jours. Vous avez sur le lien suivant une animation du système :

 

 https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Beta_Lyrae_-_CHARA.gif?uselang=fr

 

Ce que je vous présente c'est l'effet sur la bande Ha de cette danse du système binaire de Sheliak.  Comme les autres étoiles de classe Be que je vous ai présentées, il y a autour de ces étoiles un disque d'accrétion de gaz excité par l'énergie de ces deux étoiles et qui induit l'émission de raies Ha. On voit clairement l'effet Doppler par le déplacement de la raie autour de la position de 6263 A de l'Ha. Aussi, l'apparition et disparition d'un doublet qui indique la présence des deux étoiles du système contribuant à ces raies d'émission.

Plus bas, pour Mizar, qui est une double spectroscopique, et sans la présence de disque de matière orbitant autour d'elles, on observe la même danse de la raie Ha ainsi que l'apparition d'un doublet mais, cette fois-ci, en absorption plutôt qu'en émission.

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le 2 août, j'ai ajouté à ma liste de surveillance 5 nouvelles étoiles de classe Be : 16 Peg, 25 Peg, 4 Aql, V923 Aql et V1294 Aql.

 

J'ai des résultats assez intéressants pour 3 d'entre elles comme vous pouvez voir dans les spectres ci-dessous. 4 Aql, 25 Peg et V1294 Aql. J'ai grossi la région Ha mais il y a plein de choses à étudier sur ces spectres...

 

À suivre!

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Un retour le 14 août sur le traitement en noir et blanc pour ne rien perdre des détails du Soleil. 

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Le soir du 15 août, contre toute attente, le ciel est resté dégagé pour me permettre de faire un peu de spectro. J'ai revisité ma liste d'étoiles Be du 2 août afin de pouvoir faire des comparaisons. Vous avez un exemple ci-dessous avec les étoiles V 1294 Aql, 25 Peg et V 923 Aql, où on peut noter un changement dans les intensités et/ou des déplacements des raies d'émission en Ha.

 

Dans le cas de V 1294 Aql, cette étoile est réputée pour différents types de changements.  En fait, pour une étoile de classe Be il y a toujours un disque d'accrétion qui se crée autour de l'étoile en raison de sa très grande vitesse de rotation. Toutes les étoiles de type Be tournent très rapidement et presqu'à la limite permise par la gravitation.

On s'attend donc de voir deux pics de la raies Ha, un pour la matière du disque d'accrétion qui s'éloigne de nous (décalage vers le rouge) et l'autre pour celle qui se rapproche (décalage vers le bleu). S'il y a des pics supplémentaires (comme ci-dessous dans le cas V 1294 Aql) et que l'étoile est unique, (c'est le cas pour V 1294 Aql), cela peut signifier qu'il y a une onde de choc qui se propage dans l'anneau d'accrétion créant des pics supplémentaires dans la région Ha.

Pour V 923 Aql, on voit bien l'augmentation d'intensité et l'écart entre les deux pics qui s'accentue. Dans le cas de 25 Peg, on devine un profil de type P qui disparait lorsque le pic d'émission se décale vers le bleu. La distance entre les deux pics d'émission nous donne une indication de la vitesse de rotation du disque d'accrétion. Dans le cas de V 1294 Aql cette séparation suggère une vitesse d'environ 200 Km/s.

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Voici une image de IC 1805 prise le soir du 19 août. Nouvel équipement réfracteur William Optics GT71, aplanisseur et réducteur de champ 0,8X William optics, caméra QHY 163 mono, filtre astronomik R-G-B et OIII (12nm) filtre Ha (35nm) Baader.

 

15 X 2 min pour chacune des composantes R-G et B

20 x 3 min pour Ha

10 x 3 min OIII

 

On a sacré pas mal contre la météo du Québec vers 23h Gilles et moi lorsque le ciel s'est bouché complètement à cause du brouillard... après 45 min d'attente le ciel s'est finalement éclairci pour le reste de la nuit et nous avons pu poursuivre avec un lever d'un 1/4 de Lune à 01h.

 

Avec le RGB Ha  OIII le traitement est pas mal plus long car il faut tout traité indépendamment chacune des composantes couleurs. J'ai un total de 3 heures d'exposition ce qui est un minimum alors c'est un objet par soirée seulement... 

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Lors de la phase Be d'une étoile, parfois elle passe par une étape Be-Shell. Pour ces étoiles Be-Shell auxquelles on ajoute un suffixe ''pe'', il s'agit de la formation d'une enveloppe ténue autour de l'étoile formant un genre de pseudo-photosphère. 

 

Avec le spectre on peut distinguer une étoile Be d'une étoile Be-shell :

 

2 pics d'émission en Ha : Be (oui) /Be-Shell (oui)

raie Hb : Be (bande d'émission)/Be-Shell (bande absorption)

raie He I 6678 Be (bande émission )/Be-Shell (bande d'absorption)

 

Avec les deux portions agrandies du spectre de V1294 Aql que j'ai pris le 15 août on peut classer cette étoile comme de type Be-Shell. Aussi, avec les décalages rouge et bleu des pics Ha on peut évaluer la vitesse de rotation du disque d'accrétion soit environ 180 Km/s.

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La nébuleuse de l'Embryon en RGB-Ha-OIII. Une photo prise le soir du 27 août 2022 à St-Luc en compagnie de Gilles, Pierre, Jeff, sa femme et ses deux enfants. Une soirée correcte mais très humide qui a forcée la fermeture de l'observatoire vers 2h du matin car la condensation devenait intense. D'ailleurs, tout était détrempé sur le terrain comme suite à une averse. On manquera jamais d'eau au Québec! 

Réfracteur GT71 William Optics, caméra QHY 163 mono, filtres Astronomik OIII 12nm, R, G, B et Ha Baader 35nm. 

 

15x2 min pour chacune des couleurs RGB

30 X 3 min Ha

15 X 3 min en OIII

 

Comme on peut le constater, la composante OIII est assez discrète pour cette nébuleuse.

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Le soir du 2 septembre j'étais à St-Luc pour de la photo en RGB Ha et OIII. J'ai choisi une nébuleuse pas facile à saisir en raison de sa faible luminosité et aussi par la présence de l'étoile Navi juste à côté qui crache des photons en quantité. Évidemment, on constate que l'humidité nous crée des étoiles avec des halos ce qui ne simplifie pas la tâche du traitement avec Navi.

 

Je suis satisfait de la réponse en Ha mais un peu déçu par la qualité du ciel lors de cette soirée. Ha 30  X 3 min, OIII 20 X 3 min (pratiquement aucune émission en OIII pour cette nébuleuse à part quelques spots ici et là) et R-G-B 15 X 2 min pour chacun des filtres. Temps d'intégration total de 4 Hrs pour l'ensemble. 

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Les 5, 7 et 8 septembre j'ai profité à Lévis de plusieurs soirée et matinée bien dégagées pour des photos planétaires, de la spectro d'étoiles Be et des photos Solaires.

D'abord, la spectro : ci-dessous, de nouvelles étoiles de classe Be pointées à Lévis. Ici, j'ai plusieurs exemple qui montrent la progression dans le stage Be.

 

Pas d'émission hier soir en Ha, mais qui en on déjà eu : 16 Peg, Kap Aql.

Celles qui ont une faible émission en Ha : V1466 Aql (on voit même le doublet).

Celles qui montrent une forte émission en Ha et une en Hb plus modeste : 25 Peg (profil P en Hb)

Celles qui montrent une forte émission en Ha et Hb : Nt Peg (avec un profil P pour Hb), V1339 Aql, 31 Peg, 

 

Il existe un classement (Janet Rountree-Lesh) pour ce genre de progression :

 e1 : pas d'émission en H

e1+ : faible émission en H beta

e1 : émission en H beta et faible H gamma

e2+ : émission en H gamma, faible émission pour les autres raies supérieures de la série Balmer

e3 : toute la série Balmer est en émission. faible émission des bandes Fe II

e3+ : les raies émissions Fe II sont majeures et toutes les bandes de la série Balmer sont en émission.

e4 : Étoile Be extrême Balmer série et Fe II très fortes émissions.

 

Alors, pour les spectres que j'ai pris hier on dépasse pas la catégorie e1+

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kap aql_20220906T001755.png
v1466 aql_20220906T004912.png
25 peg_20220906T015306.png
nt peg_20220906T010620.png
v1339 aql_20220906T003330.png
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Ensuite, le planétaire le soir du 6 septembre. Ciel blanchâtre et seeing épouvantable mais j'ai réussi à saisir quelques détails intéressants dont le passage de l'ombre d'Europe sur Jupiter et sa grande tache rouge.

 

Dans le coin de ciel où se situait Saturne, la qualité du ciel était meilleure.

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Encore une fois grâce au Pod, j'ai pu profiter d'une éclaircie pour photographier le Soleil en Ha. Beaucoup de détails et une superbe protubérance. Aussi, un étrange filament en forme de scarabée.

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Le soir du 16 septembre j'ai fait de la spectro à Lévis. J'ai revisité ma liste d'étoiles Be, 7 étoiles dont j'avais déjà les spectres et qu'il me reste à comparer avec mes lectures précédentes. Aussi, j'ai enregistré les spectres de trois (3) nouvelles étoiles de classe Be dont Beta Psc qui s'avère bien intéressante à suivre.

 

Info sur Beta Psc disponible sur Wiki :

 

Beta Piscium (β Psc / β Piscium) est une étoile de la constellation des Poissons. Elle porte le nom traditionnel Fum al Samakah, "bouche du poisson". Sa magnitude est de +4,53. Elle est située à environ 492 années-lumière de la Terre.

β Piscium est une étoile bleu-blanc de la séquence principale et une étoile Be de type spectral B6Ve.

 

Sur la région du spectre entre 4600 et 6800A que je vous présente ci-dessous, on a de fortes raies d'émission en Ha et également en Hb. On remarque un profil P et un profil P inverse qui sont bien définis pour la bande Hb. Vous avez plus bas le spectre complet de l'étoile.

Je vous rappelle que ces raies d'émissions existent en raison d'un anneau d'accrétion qui orbite autour de l'étoile Beta Psc (ce qui caractérise les étoiles de classe Be). Le profil P ou la raie d'absorption du coté bleu de la raie d'émission (dans ce cas Hb) nous indique la vitesse de la partie de l'anneau qui s'approche de nous tandis que le profil P inverse, du coté rouge de la raie d'émission, indique la vitesse de la partie de l'anneau qui s'éloigne.

Sur le spectre ci-joint j'indique la formule à appliquer pour évaluer ces vitesses soit 364Km/s pour la partie qui vient vers nous et 271Km/s pour la partie qui s'éloigne. Pour un anneau d'accrétion, plus la vitesse est grande, plus l'anneau doit être près de l'étoile pour maintenir son orbite. On remarque que les vitesses ne sont pas égales, est-ce à dire que l'anneau n'est pas symétrique et qu'il est plus large du coté qui s'éloigne de nous?  À ce sujet, Dominique suggère que l'anneau a peut-être une forme elliptique répondant ainsi aux lois de Kepler ce qui expliquerait des vitesses différentes.

C'est vraiment plaisant faire de la spectro avec le système Alpy 600 de Shelyak. Aucun problème lors des sessions d'acquisition, simple et rapide avec l'assistance permanente du logiciel Demetra. Évidemment, avec un réfracteur 73 mm à f/5,9, le guidage de l'étoile dans la fente du spectro est facile et le temps de pose excède rarement 60 sec.  Alors, il est possible de produire une dizaine de spectres d'étoiles en trois ou quatre heures de travail.   

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25 Pegasus est une étoile dont le spectre ressemble beaucoup à celle de Beta Psc ici plus haut. La différence est que je possède déjà quatre spectres de 25 Peg qui ont été capturés les 3 et 15 août et les 5 et 16 septembre de cette année. Je couvre donc une période totale de 45 jours.

 

25 Peg, de magnitude 5,75, est située à 700 al de nous dans la constellation de Pégase, on l'a trouve à mi-chemin entre l'étoile Scheat et M 15. De classe Be, elle se caractérise par des raies d'émission en Ha et Hb. Comme mentionné plus haut, les étoiles de classe Be possèdent un anneau d'accrétion dont la matière qui le compose est excitée par l'étoile centrale créant des raies d'émissions qui dans ce cas-ci sont Ha et Hb. Aussi, la lumière de l'étoile peut être absorbée dans les mêmes longueurs d'onde créant des raies d'absorption. Ce là se traduit par des profils P, comme indiqué plus haut, et que l'on peut voir aussi sur les spectres de 25 Peg. 

 

Vous avez ci-dessous le spectre complet de 25 Peg du 3 août 2022 où le déplacement vers le bleu est le plus prononcé, la zone située entre 4800 et 6800 A et un montage gif qui vous permet de suivre les déplacements des pics d'émission des raies Ha et Hb pour la période du 3 août au 16 septembre 2022. Remarquez lors du défilement des images, la stabilité des autres zones du spectre. Ce qui nous conforte dans la validité des résultats, vraiment le système Alpy 600 c'est un instrument bien conçu.

 

Si on se concentre sur les raies d'émission Ha et Hb et que je calcule les vitesses de dilatation (décalage vers le bleu) ou de contraction (décalage vers le rouge) j'obtiens les résultats suivants :

 

Hb

3 août dilatation à 357 km/s

15 août contraction à 92 Km/s

 5 sept retour en dilatation à 74 Km/s

16 sept dilatation à 185 Km/s

 

Ha

3 août dilatation à 174 km/s

15 août contraction à 138 Km/s

 5 sept retour en dilatation à 41 Km/s

16 sept dilatation à 91 Km/s

 

On a donc le même comportement des deux raies d'émission en Hb et Ha mais des lectures de vitesses plus élevées pour le Hb. Il faut remarquer les changements dans l'intensité des bandes Hb et Ha pendant cette période qui nous indique la quantité d'énergie qui a été émise. Toutes ces mesures nous montrent à quel point toutes ces étoiles nous cachent bien des choses lorsqu'on les regarde seulement à l'œil nu.

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J'ai été bien occupé avec la fenêtre de beau temps que nous avons eu le 24 septembre. Le matin au Soleil et la soirée à St-Luc.

Vous avez ci-dessous une superbe protubérance et une photo de M 33. Pour cette dernière, il s'agit d'une intégration de 3,5 heures de pose en RGB et Ha.

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Le soir du 3 octobre j'ai ciblé M 31 et la nébuleuse de la Californie. Beau ciel qui s'est amélioré à mesure que la Lune se couchait.

Pour M 31 c'est une intégration de 15 x 5 min Ha, 10 x 2 min pour chacun des filtres R,G et B.

Pour la seconde photo prise à St-Luc, la nébuleuse Californie : 10 x 5 min Ha, 10 x 2 min pour chacun des filtres  R, G et B.

 

Ben eu du travail à faire ... Le RGB-Ha c'est pas de la tarte à ajuster.

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Cette période dégagée m'a également permis de photographier le Soleil. Voici quelques-unes de mes photos prises durant cette période. Le nouveau complexe de taches solaires 3112-3116 est assez impressionnant.

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J'ai pu suivre l'évolution de certaines protubérances les 15, 16 et 17 octobre. Non sans avoir à jouer à cache-cache avec les nuages omniprésents. La routine quoi!

Aussi le 15 octobre, j'ai fait un peu de photo avec la Canon SL3 défiltrée et le Zenithstar 73 mm. Pas facile à Lévis avec la pollution lumineuse. Ça demeure intéressant de voir la différence avec le ciel de St-Luc et de relever le défi du traitement d'image. Tant que l'image finale est binnée, le rendu est correct mais si on grossit, la faiblesse du rapport signal/bruit sautent aux yeux.  Dans ce cas, il s'agit d'augmenter l'ISO et de diminuer le temps de pose de façon à obtenir le meilleur contraste possible avec les instruments utilisés. Une photo en RGB avec caméra monochrome donnerait de meilleurs résultats car chaque filtre couleur et surtout le Ha bloquent une bonne partie de la lumière indésirable.

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M 42, la Tête de Cheval et la Rosette pris à Lévis au Zenithstar 73 mm et caméra SL3 défiltrée. De petites victoires sur les conditions de pollution lumineuse du centre ville de Lévis. Pour M 42, M 1 et la Tête de Cheval c'est 10 poses de 120 sec, pour la Rosette, 20 poses de 120 sec à ISO 1600.

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le soir du 27 j'ai fait trois objets M 33, M 31 et M 45 à Lévis. J'ai utilisé pour la première fois ma nouvelle roue filtre motorisée QHY qui est contrôlée directement par la caméra QHY. Pas mal plaisant et plus convivial surtout avec 6 filtres à faire tourner.

 

Je commence par M 45 qui est un empilement LRGB Ha OIII.

L: 20x30sec

R-G-B : 5x2min chacun

Ha : 10 X 2 min

OIII : 10 x 2min

 

Pour l'assemblage LRGB j'ai bien eu du taponnage à faire pour inclure la luminance au RGB... Je sais pas ce que le logiciel Pixinsight fait mais ça salope mon image à chaque fois que j'essaie d'ajouter la luminance. Peut-être parce qu'ils font ça différent des autres en amplifiant le signal en LAB plutôt qu'en RGB comme le reste de la planète??!!  En fait, je dois faire ça avec ImagesPlus. Bon, des fois, Pixinsight me tape sur les nerfs à force de vouloir être à part des autres.

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J'ai ouvert mon observatoire à Lévis ce matin (30 octobre) vers 01h30 pour m'attaquer à la région d'Orion qui est accessible chez nous seulement aux petites heures du matin.

 

Voici NGC 2264 aussi appelé l'Amas de l'Arbre de Noël ou la Fourrure de Renard.

 

Assez complexe comme ensemble avec des zones sombres et lumineuses. J'ai pas mal travaillé cette image:

 

L) 40 x 30 sec

R-G-B) 10 x 2 min chacune

Ha) 20 x 2 min

OIII) 0 x 0

 

pour une intégration totale de 2 heures de pose .

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Une autre prise à Lévis le soir du 30 octobre.

 

L- 20 x 30sec

R-G-B- 5 x 2min pour chacun des filtres

Ha 20 x 2 min

 

Je fais d'abord une image LRGB ensuite j'ajoute le Ha avec le script NGRBGC de Pixinsight... y a pas de recette écrite, chaque image a ses particularités alors, c'est long comme traitement.

 

Sûr qu'il faut faire beaucoup de rééquilibrage du fond de ciel car à Lévis c'est pourri en svp!

 

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La suite du 27 octobre à Lévis avec M 31

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Une reprise des protubérances présentes le 25 août et 2 novembre 2022.

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Le soleil d'aujourd'hui (5 décembre) en lumière blanche.

 

J'ai installé ma petite monture Star Adventurer pour du grand champ dans mon observatoire à Lévis... Les grosses bébelles plus performantes et les télescopes sont serrés pour l'hiver.

 

Une première photo du Soleil prise avec la Canon SL3 défiltrée et mon objectif 200 mm Canon. 1/2500 sec f/4 100 ASA, empilement de 15 photos.

 

Ça fait du bien de faire un peu d'astro.

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Deux images prises en Ha au Coronado 60 mm le 16 octobre que j'ai inversées pour mieux distinguer les protubérances.

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